Né à Annecy en Haute Savoie, Éric Tourneret voyage pour la première fois à 17 ans pour son service militaire à Djibouti. Cette expérience d’un an à l’étranger le marque profondément et il n’a de cesse de repartir vers les grands espaces et les voyages lointains. Il s’installe à son compte à Montpellier et mène une expérience commerciale. Insatisfait il repart en voyage en Asie pour trois mois. Au retour de ce voyage, il s’installe à Paris et commence sa formation photographique dans un studio de prise de vue. Nature morte, mode, publicité sont son quotidien et parallèlement il entame sa carrière de photojournaliste en collaborant aux magazines : Jardin des modes, VSD, Paris Capitale. Après un sujet sur les sorciers et les guérisseurs en Côte d’Ivoire, il commence à diffuser ses histoires par l’agence de presse SIPA PRESS.
Pigiste free-lance, carte de presse en poche, il devient un photographe de commande pour VSD, HISTORIA, GRAND REPORTAGE, NEW LOOK, et en 1997 son travail sur les « Travestis de l’Islam » au Pakistan est projeté au Festival VISA pour l’image à Perpignan.
Passionné par le Pakistan, il y travaille régulièrement jusqu’en septembre 2001 et effectue des reportages autour du monde pour POINT DE VUE, VOICI, ÇA M’INTERESSE, FEMME ACTUELLE, SCIENCES & AVENIR. Technicien, il change de style facilement et guidé par sa curiosité passe d’un sujet archéologique à une expédition scientifique, d’un sujet de société, à la migration des papillons monarques.
En 2003, alors qu'il adopte définitivement la photo numérique pour la réalisation d’un livre de commande en décoration, il commence un travail sur le monde des handicapés et il est publié par deux fois par PARIS MATCH.
La photo numérique est pour lui une libération et il débute un sujet de fond sur l’abeille, la nature et l’homme qu’il vit comme un engagement en faveur de l’environnement.
Sa démarche pour toutes ses images a été d’essayer de les rendre « vivantes » en faisant poser les abeilles comme des modèles. La plupart des photographies ont été minutieusement préparées dans un souci de recherche graphique. Souvent le problème était de trouver le bon rapport entre la taille de l’abeille et son environnement. Chaque fleur demande une approche visuelle différente et il lui fallait souvent continuer la prise de vue jusqu’à « comprendre la forme de la fleur ». L’autre défi était de s’éloigner des images déjà vues et de chercher à chaque fois un autre regard, un autre cadrage, une autre référence culturelle et photographique.

Ainsi, la photo des trois abeilles de face en vol a demandé une semaine de travail dans un champ de Colza. Une ruche est installée au bon endroit pour avoir le fond désiré et une fausse ruche contenant l’appareil photo est posée juste à côté. À l’extérieur des flashs de studio éclairent l’ensemble. En enlevant la ruche pleine d’abeille afin de tromper les butineuses sur le retour, Éric cherche à réaliser une image originale. Après quatre jours de prises de vue infructueuses, il lui faut changer de méthode et il demande à un chasseur d’essaim un paquet d’abeilles...
« J’installe dans la fausse ruche la reine dans une cage avec quelques abeilles qui immédiatement battent le rappel. Le gros de l’essaim posé dans une ruchette à une dizaine de mètres frémit et c’est en un couloir aérien dense que les abeilles se dirigent vers mon appareil photo. Je déclenche à l’aveugle en essayant de gérer au mieux les abeilles qui se posent sur l’optique. Enfin, après une semaine dans ce champ camarguais et 4 500 déclenchements, l’image est dans la boîte. Elle dépasse toutes mes espérances. Je n’ai pas une abeille en vol de face dans son milieu naturel mais trois qui se dandinent devant moi. »

D’autres fois, comme pour l’image « des abeilles à l’abreuvoir », la chance est au rendez-vous. Venu photographier sur le Larzac la transhumance sur le thym, Éric remarque dans un trou d’eau nommé « lavogne » un va-et-vient incessant d’abeilles. « Cela me rappelle les rassemblements des animaux sauvages autour des points d’eau en Afrique, j’adapte la prise de vue pour transmettre ce sentiment … »

J’ai utilisé pour mes images les boîtiers numériques CANON DS et CANON D5 respectivement 11 et 12 millions de pixels.
Et les optiques CANON suivantes : 16-35 mm F2,8 ; 24-70 F2,8 ; 70-200mmF2,8 ; 100 mm F2,8macro ; 65mm MP F2,8 1-5x macro ; 50mm F 1,8. Et également un 120-300mm Sigma F2,8 ; des doubleurs, des bagues allonges, des bonnettes, des flashs Canon et Lumedyne.